Comprendre la phobie sociale pour la dépasser

Certains ont la phobie des souris, et certaines personnes ont la phobie des Hommes. Cela s’appelle la phobie sociale.

Aristote définissait l’Homme comme étant un animal social. Nous avons besoin d’avoir de bonnes relations avec les autres personnes pour nous épanouir. Alors pour une personne ayant la peur des autres, on comprend bien que c’est très invalidant.

Si une personne a une phobie des araignées par exemple, cela a peu d’impact sur la qualité de sa vie. Nous ne croisons pas d’araignées tous les jours, à moins de vivre dans un vieux manoir poussiéreux. Alors que des gens, nous sommes obligés d’en croiser. Tous les jours nous avons des interactions sociales.

Mais si vous avez peur du contact avec les autres, alors la vie se complique. Cela va conduire la personne à éviter les situations qui déclenche chez elle de la peur. Petit à petit cela peut conduire la personne à l’isolement. Elle va couper de plus en plus ses relations avec les autres et peut rester enfermée chez elle.

La phobie sociale augmente les risques de dépendance à l’alcool.  En effet, l’alcool étant un désinhibiteur, cela permet à la personne de ne plus ressentir de peur lors de ses contacts avec les autres. De même, la phobie sociale peut conduire à la dépression. Le fait d’avoir peu d’amis, peu de contacts sociaux, d’être isolé, va favoriser les risques dépressifs.

Environ 5% de la population française serait ou aurait été atteinte de phobie sociale au cours de sa vie. Ce chiffre est donc assez élevé. Pourtant ce trouble reste encore très peu diagnostiqué par les médecins. La plupart pensant simplement que leur patient est juste un peu timide et n’allant pas plus loin dans leur recherche de traitement.

Bien que ce trouble soit très handicapant et puisse se maintenir pendant des années, voire toute une vie, il existe des solutions pour guérir de la phobie sociale.

De la phobie sociale spécifique à la phobie sociale généralisée

Les symptômes de la phobie sociale sont des manifestations de peur en présence des autres. C’est surtout l’intensité et la fréquence de cette peur qui va déterminer si c’est d’une phobie sociale dont la personne souffre ou d’une anxiété sociale.

La peur peut aller de la simple appréhension à l’attaque de panique. Il arrive à tout le monde de sentir une légère peur avant une présentation orale par exemple. Mais ressentir une peur énorme en achetant simplement une baguette ou en discutant avec son voisin, tend plus vers la phobie sociale.

 

Une personne souffrant de phobie sociale va donc ressentir une peur intense dans les situations sociales. Elle a peur du regard et du jugement des autres. Cette phobie peut être générale, c’est-à-dire que la personne aura peur dans n’importe quelle situation sociale. De la plus banale comme croiser quelqu’un du regard, à la plus stressante comme parler devant un groupe de personne.

Cette phobie peut également être spécifique. C’est-à-dire que la personne aura peur du regard des autres dans certaines situations précises ou alors elle aura peur d’un symptôme précis. Une personne souffrant de phobie sociale va pouvoir ressentir en présence des autres : des nausées, des rougissements, des maux de tête, des sueurs, des palpitations cardiaques, des tremblements ou encore des maux de ventre. Ceux sont les manifestations d’une peur intense.

Donc une phobie sociale peut-être spécifique à une de ces manifestations physiques. Certains auront par exemple la peur de rougir, qui a le nom d’éreutophobie. D’autres auront peur de trembler devant les autres et qu’ils remarquent ces tremblements.

Une phobie sociale peut également être spécifique à un type de situation précise. La personne peut par exemple être très à l’aise avec ses amis et sa famille, mais ultra mal à l’aise lorsqu’elle doit prendre la parole en public. Son entourage peut alors ne pas savoir que cette personne souffre d’une phobie sociale.

Un mal difficile à cerner

La personne souffrant de phobie sociale a souvent très honte d’elle-même. Elle reconnait le caractère excessif et irrationnel de ses peurs mais se sent impuissante. Elle subit la situation et à l’impression que son corps la trahit perpétuellement.

La personne ayant honte et peur du jugement des autres, elle va donc rarement se confier sur son problème et ne va en parler à personne. Le phobique social veut renvoyer l’image d’une personne parfaite, sans défauts et ne commettant pas d’erreur, n’ayant jamais peur. Il est donc très compliqué pour eux de faire appel à un thérapeute et de leur exposer leur problème. Elles ont tellement honte de ce problème, qui pourtant leur gâche la vie, que d’en parler requiert d’un courage énorme.

En fait, parler de leur phobie à quelqu’un, révéler leur intimité, se montrer vulnérable, s’ouvrir, baisser le masque, sont des choses opposées à cette phobie. On comprend donc pourquoi de nombreux phobiques sociaux ne demanderont jamais d’aide.

Les causes de la phobie sociale

Un des facteurs de maintien de la phobie sociale est comme nous venons le voir le fait de vouloir être parfait, de renvoyer une bonne image de soi et d’être apprécié de tout le monde.

Les causes de la phobie sociale sont nombreuses. Elle se développe la plupart du temps à l’enfance et à l’adolescence, période où la personne est particulièrement sensible au regard de l’autre.

Il y aurait des origines génétiques et biologiques selon certains chercheurs. Certaines personnes ont en effet des prédispositions à l’anxiété et seraient plus sensibles que d’autres.

Il y a également des causes éducatives. Si la personne grandit avec des parents qui critiquent beaucoup, alors l’enfant aura forcément peur du jugement des autres et s’imaginera que ce jugement est négatif.

De même, des parents hyper protecteurs font inconsciemment comprendre à leur enfant que le monde est dangereux et qu’il faut se méfier et avoir peur des autres.

Nous apprenons aussi énormément par mimétisme. L’imitation est la première forme d’apprentissage. Donc si un des parents a une phobie sociale, l’enfant va voir et imiter les comportements de ce parent.

La personne atteinte de phobie sociale a également pu vivre un événement traumatisant pendant son enfance qui a été l’élément déclenchant de sa phobie. Par exemple, si la première fois que vous avez pris la parole à l’orale à l’école, vous n’avez pas su répondre, vous avez bégayé  et que vos camarades se sont moqués de vous, alors cet événement peut être à l’origine d’une croyance erronée.

La croyance est à l’origine de nombreux troubles. Nous avons tous tout un tas de croyance sur le monde qui nous entoure. Ces croyances sont inconscientes.

 

Les solutions pour vaincre la phobie sociale

Heureusement, la phobie sociale  est un trouble qui se soigne très bien à l’heure actuelle.

Un des points importants est de travailler sur ses croyances et de les confronter à la réalité. Reprenons l’exemple de la prise de parole ratée à l’école. Première prise de parole vécue comme un échec. Alors l’enfant va développer la croyance suivante : je suis nul à l’oral. Alors dans toutes les situations de prise de parole suivante, cette croyance sera là au fond dans son esprit.

Forcément, l’appréhension de parler en public sera alors plus grande que si la croyance développée est : je suis bon à l’oral. Alors que cette croyance c’est bâtie sur une situation précise. Cela s’est mal passé avec ces gens-là, ce jour-là, sur ce sujet précis. Et pourtant la personne va généralisée à toutes les situations de prise de parole en public.

Une des solutions est donc de travailler sur ses croyances erronées et inconditionnelles. Les assouplir.

Pour cela les TCC ont prouvées leur efficacité dans le traitement des phobies sociales. Elles vont aussi amener le patient à se confronter à ses peurs et à ne plus les éviter. C’est un travail d’exposition pour désensibiliser la personne.

L’EMDR est également efficace pour désensibiliser la personne si elle a vécu une situation traumatisante à l’origine de sa phobie.